| Androgynie
Dès lors que le crépuscule engourdit les plaines
Exhumant malicieux ma tristesse noctambule
Les visages apathiques de passions lointaines
Caracolent sans ciller en nuées ridicules.
Sur mes joues d'homme sensible, tranchantes comme des lames,
S'évanouissent pudibondes, les douleurs d'une femme.
Quand Doute et Angoisse cristallisent mon courage
Pour barioler mon âme de fuite en couardise
J'espère en un havre délaisser sans partage
La vermine pyogène des bourgeons de mes crises.
Dans mes veines d'homme fragile, brûlantes comme des flammes,
Courent vieilles vagabondes, les terreurs d'une femme.
Lorsque la joie d'être père embrasse d'un regard
Les beaux enfants tant merveilleux que Vie, tu m'as donné
J'ai du sang jusqu'aux os inscrite dans ma mémoire
Chaque seconde d'amour avec eux partagée.
En mon coeur d'homme comblé, apprises comme des gammes,
Retentissent furibondes, les ferveurs d'une femme.
Je clame sans vergogne cette honteuse androgynie:
Je suis un homme-femme abritant Ombre et Poésie.
Fichtre
Poème de Fichtre - Mis en forme par Angelina © Le Pinceau et la Plume - 4 décembre 2008
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