| Es Sabria le désert
Il y a un fort construit en 1933
Du temps du protectorat
Personne ne connaît son nom
C'est là que sera notre campement
Sous des toiles de tentes blanches et bleues
Un peu à l'écart du fort
Il y a quatre ans une dame très âgée
Est venue ici on n'a jamais retrouvé
Le corps de son fils mort à la guerre
Près du fort des palmiers ont été transplantés
Pour les besoins d'un film
Privés de tout ce qui leur est nécessaire ils se consument
Les couleurs du soleil couchant
Se fondent en rougeoyant
Sur le sable des dunes
Les rayons lumineux semblent caresser
Les tresses des palmiers
Qui fixent les dunes et les embrasent
Les lits de notre campement sont sommaires
Mais nous y dormons bien
Quelle surprise au matin ce contact du sable sous nos pieds
Tournée vers le soleil levant
Je respire l'immensité des dunes
Mes mains touchent l'Orient
Contact du sable chaud
Sur la plante du pied
Réfléchi par le sol le soleil brûle la peau
Le désert est rempli de minuscules traces
Dans le sable se tord en avançant
Une chenille verte
Chantal marche les yeux au sol
Elle cherche des roses des sables
Et des fruits "d'acadier"
Elle pense avoir trouvé les fruits qu'elle cherche
Hervé se moque gentiment d'elle
Ce sont des crottes de chameau que le sable a desséché
En traversant les dunes pieds nus
Stéphane s'est entré une écharde dans le pied
Imprudemment il l'a laissée s'infecter
Comme un sablier le désert
S'écoule du grain des dunes
Témoin d'un temps où il y avait la mer
Je prends le sable dans mes mains
Il est si fin qu'il dégouline de mes doigts
En minces filets d'or pâle
Quelque chose de moi se fendille
Devant l'immensité du vide
Je ne peux retenir mes larmes
Ali prépare des branches de palmier
Pour préparer le pain de sable
Enfouie sous le foyer de braise la pâte lève
J'appelerai le dromadaire chameau
Puisque c'est ainsi que le chamelier
Le nomme
A dos de chameau toutes nos perceptions changent
L'horizon s'éloigne le chamelier me confie la longe
Il ne sait pas à quel point je pourrai partir
Une fois l'équilibre résolu
On devient partie intégrante du chameau
Je sens palpiter les flancs de l'animal ...
Nathalie 22-04-08
Poème de Calsior - Mis en forme par Elena © Le Pinceau et la Plume - 3 mai 2008
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